Du port de l'@rrobe du soir ...

Vu par une 'Pataphysicienne

Les fous d'Internet et les utilisateurs d'imeille sont des archéologues qui s'ignorent.

Toute adresse électronique, tout clavier d'ordinateur, tout possesseur de surf board, chevauchant les rouleux des autoroutes de l'information, utilise désormais une touche antique, un doigt d'archéologie, le zeste d'une civilisation primitive, j'ai nommé le fameux caractère @

Ce signe (...), C'est la désignation sèche (très éconnomique) d'une adresse électronique. 

Mais ce signe vient de plus loin ! 

C'est un "a" en effet, mais enroulé, tiré d'un alphabet peu ordinaire, sans doute encore lié à l'idéogramme, en tout cas plus parlant qu'une lettre simple. Déssina-t-il une queue de lézard ? un flagelle ? ou même une flagelle ? Si ce n'est qu'un fouet, c'est un enroulement en tous cas. 

Bref, le signe (...) garde une trace de quelque chose comme une "avant langue" ou une autre langue, non tout à fait alphabétique. 
A noter qu'il devient dès lors tout à fait possible d'adapter à Internet au courrier électronique imeille des travaux oulipiens du genre "lipogramme en arrobe", "monovocalisme en arrobe", etc. 

Du même coup, pour les utilisateurs d'imeille rose, pourquoi ne pas imaginer des arrobes du soir, arrobes bain de soleil, ou arrobes grandiosement décolletées ? Si les infographistes et les PAOïstes se penchaient sur la question, nous pourrions ainsi rendre caduque l'égalité que Prévert avait constatée avant même que nous ne possédions tous notre personal computer : "Cyber-nétique = Cythère bernique". 

Régine Detambel, écrivain 
Extrait de Dragée Haute
N° 26 - février/mars 1997
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Le saviez-vous ? ;-)