Depuis la naissance du courrier électronique,
on s'intéresse beaucoup à ce signe.
C'est un symbol formé
de la lettre a aux trois quarts encerclée
: @ Cet at
sign, ou at symbol,
ou encore commercial at, est appelé en français a
commercial (...) c'est
ainsi que le mot arrobas (avec un ou deux r et avec un s final
sonore ou non) tend à se répandre (...)
L’@ est doté de tout un tas de désignations
évocatrices ou fantaisistes : escargot,
arabesque, a roulé, a arrondi, a-rondi !
En typographie, arobas
serait la déformation de a rond bas
(de casse) c'est-à-dire a minuscule entouré d'un rond.
(...)
Noëlle Guilloton
Office québécois
de la langue française.

Le Trésor du Félibrige de
Frédéric Mistral (dictionnaire provencal-francais, 1878)
donne le mot aro-bas, déformation de ala-bast
qui devrait s'écrire en graphie occitane actuelle ara-bast.
Il s'agit d'un crochet que l'on accroche au bât des ânes...
Jean-François Blanc
Sa dénomination varie selon les pays : bâton
de cannelle en Suède, apestaart
(queue de singe) aux Pays-Bas, Shtrudel
en Israël, arroba
en espagnol.
Dans les Écritures anciennes et leur influence,
le linguiste Berthold Louis Ullman indique que le signe @ serait une ligature,
la jonction de deux lettres, abréviation de la préposition
latine ad (qui signifie également
à,
chez, vers) et qu'il daterait du VIe siècle. L'@ resurgit
après une longue disparition au XIIe siècle, gothique (...).
Durant les siècles qui suivirent, le signe @ fut
utilisé ça et là dans les échanges commerciaux
et les écritures religieuses. De retour sur les machines à
écrire
suédoises dans les années 20, c'est très naturellement
qu'il fut adopté, d'abord sur Telnet dans les années 70,
l'ancêtre du réseau actuel, puis sur l'Internet dans sa fonction
actuelle de timbre virtuel...
David Rault, Libération, 17
mars 2000
Mais la préposition at, équivalant
ici encore au à français, peut aussi indiquer la situation
de quelque chose ou de quelqu'un, un endroit, un point dans l'espace (comme
dans Jane is at the office, ou dans He works at home) : c'est
sans doute la raison pour laquelle on s'en est servi pour établir
les adresses électroniques, entre d'une part, le nom de l'internaute
et d'autre part le nom de l'ordinateur hôte et le type d'organisation
ou le pays d'origine qui le situent dans l'espace cybernétique.